Depuis son arrivée en poste, le président américain fait couler beaucoup d’encre et alimente un climat d’incertitude pour les entreprises québécoises. Tarifs douaniers, contexte géopolitique instable, imprévisibilité, révision de l’ACÉUM : autant de facteurs qui viennent complexifier la planification et les stratégies de croissance des entreprises.
Or, le marché américain demeure crucial pour les entreprises du Québec, et tout porte à croire que les États‑Unis resteront leur principal partenaire commercial à l’international, notamment en raison de leur proximité géographique et de la taille de leur marché. Cette relation économique s’inscrit dans une réalité historique : depuis plus de 150 ans, les chaînes d’approvisionnement canadiennes et américaines sont intimement interconnectées.
Avec les accords de libre‑échange nord‑américains, il est devenu courant que des matières premières provenant d’un pays soient transformées dans un second, assemblées dans un troisième, puis vendues sur un autre marché. Aujourd’hui, toutefois, les droits de douane imposés par les États‑Unis atteignent leur niveau le plus élevé depuis les années 1930. Cette situation a un impact bien réel pour les quelque 800 exportateurs de la région de Québec, en particulier ceux dont les produits sont visés directement par ces mesures tarifaires.
Au‑delà des tarifs eux‑mêmes, c’est la concentration des risques commerciaux qui est remise en question. Une dépendance excessive à un seul marché fragilise non seulement les entreprises, mais aussi les économies régionales.
La diversification des marchés : une nécessité stratégique
Au cours des derniers mois, plusieurs exportateurs ont amorcé ou accéléré une réflexion sur la diversification de leurs marchés afin de réduire leur exposition au marché américain. Dans la région de Québec, les entreprises ont démontré une résilience remarquable et une capacité d’adaptation stratégique. Elles continuent de planifier des investissements et d’envisager l’embauche de talents. D’ailleurs, selon le sondage Conjoncture 2026 réalisé à la fin de l’année auprès de dirigeants d’entreprises, 41 % des entreprises exportatrices de Québec et de Lévis ont opté, en 2025, pour une diversification géographique afin de faire face au contexte économique incertain.
La diversification n’est donc plus un luxe : c’est une nécessité. Et cette diversification ne se limite pas à une carte du monde. Elle touche aussi les segments de clientèle, les chaînes de valeur, les modèles d’affaires et les partenariats d’affaires. Pour développer de nouveaux marchés, qu’ils soient internationaux ou à l’intérieur du Canada, les PME doivent composer avec un horizon de temps souvent long — en moyenne deux ans — et avec des exigences importantes en matière de ressources financières, humaines et stratégiques.
Former et accompagner pour réduire les risques
Dans ce contexte, l’accompagnement devient un levier central. En tant qu’organisme régional de promotion des exportations (ORPEX) de la région de la Capitale‑Nationale, Québec International offre un service de proximité et de première ligne afin de soutenir les PME dans leurs démarches de développement de marchés à l’international.
Avoir accès aux bons contacts, comprendre les spécificités d’un marché et en maîtriser les règles du jeu sont des conditions essentielles au succès. À quels aspects réglementaires faut‑il porter une attention particulière ? Quels produits sont assujettis aux tarifs ? Est‑il pertinent de planifier des rencontres exploratoires avant d’avoir établi des relations d’affaires ? Quels secteurs ou marchés prioriser ? Autant de questions auxquelles les entreprises doivent être en mesure de répondre pour structurer une démarche efficace et réaliste.
L’accompagnement par des experts est d’autant plus vital pour les PME, considérant les ressources limitées dont elles disposent et la complexité croissante des marchés internationaux. Les impacts des tarifs, par ailleurs, varient grandement selon les secteurs d’activité (manufacturier, agroalimentaire, technologies, matériaux), ce qui renforce l’importance d’un soutien personnalisé, adapté à la réalité de chaque entreprise.
Un enjeu stratégique partagé
Dans ce contexte mondial instable, la diversification des marchés d’exportation des PME constitue un enjeu stratégique partagé pour l’ensemble des territoires. Les acteurs du développement économique ont un rôle déterminant à jouer pour offrir aux entreprises un parcours clair, cohérent et complémentaire, en fonction de leur niveau de maturité à l’exportation.
Pour que l’économie canadienne puisse se réinventer, gagner en productivité et devenir plus compétitive, nous devons continuer de soutenir les PME dans leurs efforts de diversification, de collaboration et d’innovation. C’est à cette condition que nos entreprises, et nos territoires, pourront renforcer leur résilience et saisir de nouvelles occasions de croissance durable.




