Les voix du développement économique avec Gilbert LeBlanc

par APDEQ
Association des professionnel·le·s en développement économique du Québec

Quand les les certifié·e·s D.Éc. racontent le développement économique sur le terrain

Le développement économique prend des formes multiples selon les territoires, les organisations et les personnes qui l’incarnent au quotidien. Derrière chaque acteur du milieu, il y a des parcours professionnels singuliers.

À travers cette série d’articles, l’APDEQ met en lumière des professionnel⸱le⸱s certifiés en développement économique (D. Éc.), en s’intéressant avant tout à leur histoire, à leur cheminement et à la réalité de leur pratique. Chaque portrait propose un regard ancré dans le terrain : les contextes régionaux, les projets porteurs, les réussites marquantes et le rôle joué par leur organisation dans le développement de leur région.

La certification canadienne de Développeur Économique (D.Éc.) s’inscrit dans ces parcours comme un repère commun, mais ces entrevues visent à illustrer la diversité du métier, à valoriser l’expertise développée sur le terrain et à mieux faire comprendre les réalités actuelles du développement économique au Québec.

 

Gilbert LeBlanc
Gilbert LeBlanc
Conseiller économique, Ville de Mirabel

 

Merci d’emblée Gilbert de nous partager tes connaissances! Avec plus de 40 ans d’expérience dans le domaine, je sais qu’il ne sera pas simple de tout synthétiser en quelques lignes, mais je te laisse nous raconter ton parcours. 

(Gilbert L.) : Mon parcours a réellement commencé en 1981, lorsque j’ai été amené à travailler sur un projet avec la Chambre de commerce et d’industrie de Ville-des-Laurentides portant sur les regroupements de municipalités pour constituer les MRC. C’est à ce moment que j’ai attrapé la piqûre du développement économique. 

J’avais déjà complété un DEC en sciences de l’administration, suivi d’un baccalauréat en sciences économiques à l’Université de Montréal. J’ai eu la chance d’être formé par des professeurs exceptionnels, dont M. Fernand Martin en Économie Urbaine et Régionale, M. Robert Lacroix en Macro-Économie et M. Kimon Valaskakis en Prospectives économiques et plusieurs autres, dont certains ont collaborés au Guide de Développement des Parcs Industriels publié en 1974 et encore aujourd’hui une référence en la matière. 

À ma sortie de l’université, j’ai produit une étude économique pour le milieu communautaire du quartier Pointe-Saint-Charles, à la demande du ministère de la Main-d’œuvre et de la Sécurité du revenu, afin d’aider les gens à démarrer des entreprises et à créer leurs propres emplois. J’ai également été Économiste pour le Gouvernement du Canada auprès d’Emploi et Immigration en 1984. J’ai pu me familiariser avec les données socio-économiques du grand Montréal, ce qui me fut très utile dans la suite de ma carrière. J’ai ensuite travaillé à Laval pendant 30 ans, de janvier 1986 à la mi-novembre 2015, comme commissaire industriel. J’ai d’abord œuvré pour la Corporation de Développement Économique de Laval (CODEL), puis pour Laval Technopole à titre de Vice-Président – Développement des Investissements et Immobilier. 

Quels ont été tes principaux accomplissements en tant que commissaire industriel à Laval ? 

(Gilbert L.) : J’ai réalisé près de 347 transactions immobilières, permettant à la Ville de Laval de développer 4millions de pieds carrés dans ses différents parcs industriels municipaux. Ces projets ont généré pour environ 100 millions de dollars de revenus pour la ville, 1,8 milliard de dollars d’investissements et permis la création/préservation de 18 300 emplois. 

Qu’est-ce qui t’a conduit à Mirabel Économique ? 

(Gilbert L.) : J’ai quitté Laval à la fin de 2015 pour mettre sur pieds le service de développement économique de la Ville de Mirabel : Mirabel Économique. Au cours de mon mandat comme directeur, j’ai géré les différents fonds de développement du territoire, représenté la Ville au Conseil des Élus et des Préfets de la région des Laurentides et mis en place la mesure Accès Entreprises Québec au sein de Mirabel Économique. 

Ce dont je suis particulièrement fier, c’est d’avoir travaillé pendant cinq ans à la mise sur pied du Pôle Mirabel au sein de la Zone d’innovation en aérospatiale du Québec, Espace Aéro, un projet qui a demandé énormément de temps et d’efforts. 

Quelles sont les particularités du territoire de Mirabel en matière de développement économique ? 

(Gilbert L.) : Mirabel est à la fois une ville et une MRC, aussi grande que l’île de Montréal en superficie. Son territoire est zoné agricole à 88 %, ce qui en fait un véritable « garde-manger du Grand Montréal », avec des productions agraires, maraîchères, d’élevage et une importante industrie acéricole. 

L’aéronautique constitue également un secteur clé, le site aéroportuaire étant toujours actifs particulièrement dans le domaine du transport de biens et de la logistique, et s’étant également développé comme un parc industriel dédié principalement à ce secteur d’activité. Il est un moteur économique majeur pour les régions de Montréal et des Laurentides ainsi que pour les entreprises du domaine. 

Quel est ton rôle actuel à Mirabel ? 

(Gilbert L.) : Après plusieurs années à la direction du service, mon mandat actuel consiste à former la nouvelle direction du service du développement économique, qui est issue d’un autre domaine, sur l’ensemble des aspects du développement économique. Je suis toujours à temps plein et je continue d’agir comme commissaire industriel, tout en préparant tranquillement ma retraite prévue vers la fin de 2027. 

Quest-ce qui est le plus gratifiant dans ton travail ? 

(Gilbert L.) : Ce qui est le plus gratifiant pour moi, c’est la notion de service. Qu’il s’agisse de travailler avec un M. Alain Bouchard, Président de Couche-Tard pour relocaliser son siège social à Laval et le maintenir dans la région, ou d’aider un jeune agriculteur à obtenir une subvention après l’avoir motivé à terminer son secondaire 5 pour préserver la ferme familiale, chaque intervention me procure une grande satisfaction professionnelle. 

Je dois aussi souligner le plaisir de travailler avec des entreprises inspirantes. Je pense notamment au groupe Montoni, que j’ai aidé bien humblement à s’établir à Laval et qui a ensuite révolutionné la façon de développer et de concevoir des bâtiments industriels. C’est extrêmement valorisant. 

Quelle est ton opinion sur la certification D. Éc. ? 

(Gilbert L.) : Je suis un fervent défenseur de la certification. Grâce à l’APDEQ, j’ai obtenu la certification D. Éc.. J’ai également été certifié par l’association canadienne EDAC, et aussi par l’IEDC aux États-Unis. J’ai été d’ailleurs la première personne au Québec à détenir cette certification américaine, qui m’a ouvert des portes et permis de tisser des liens au sud de la frontière.  

La certification permet de développer une approche multidimensionnelle des projets, allant au-delà de l’aspect financier pour intégrer l’humain et la compréhension des non-dits, afin d’offrir le meilleur service possible aux entrepreneurs. Pour moi, 80 % d’un accompagnement réussi repose sur le « feeling » que l’on développe et qui nous permet de poser les bonnes questions. L’expérience affine ce sens, mais les formations de l’APDEQ et le parcours de certification y contribuent grandement aussi. 

Comment le rôle du développeur économique a-t-il évolué au fil des ans ? 

(Gilbert L.) : Initialement unidimensionnel, axé sur le terrain et les bâtiments industriels, le rôle est devenu multidimensionnel. Il s’agit maintenant de préserver la base économique existante, développer de nouveaux marchés, favoriser l’exportation, réduire les coûts, intégrer l’innovation et collaborer avec de nombreux partenaires.

Le développeur économique est devenu une véritable «ressource orchestre», capable de guider l’entrepreneur à travers l’ensemble des options et outils disponibles dans nos collectivités respectives. 

Comment perçois-tu l’évolution de la profession en termes de diversité ? 

(Gilbert L.) : Lorsque j’ai commencé, la profession était majoritairement masculine. Aujourd’hui, la parité est presque atteinte, voire dépassée dans certains milieux. C’est une excellente chose, car les femmes apportent des connaissances, des expériences, une sensibilité et une perception des nondits qui sont essentiels dans notre rôle. On observe la même évolution dans la clientèle : de plus en plus de femmes et d’immigrants deviennent entrepreneurs. Et on ne peut que s’en réjouir. Cela promet beaucoup pour l’avenir et la richesse de nos communautés respectives. 

As-tu déjà été impliqué au sein du CA de l’APDEQ ? 

(Gilbert L.) : Oui, j’ai été membre du CA de l’ACIQ, qui, durant mon mandat, a changé de nom pour celui que nous avons maintenant, et ce, pendant une dizaine, voire une douzaine d’années. J’ai même organisé deux congrès, celui de 1992 et le 50e en 2009, tous deux à Laval. Je suis particulièrement fier de l’édition de 2009, car elle a donné un nouveau souffle à l’organisation et la visibilité que nous avons eue fut très bénéfique à long terme pour l’association. 

Niveau territorial – Conformité / Traditionnel

Stéphane Lalande, ancien président de l’APDEQ (à gauche), Patrice Gagnon, ancien DG de l’APDEQ (au milieu) et Gilbert LeBlanc (à droite), au 50ème congrès de l’APDEQ qui se tenait à Laval en 2009.
Mirabel Économique est fort probablement l’organisation ayant eu le plus grand nombre de personnes certifiées D. Écet qui suivent le plus de formations par année. Cela vous a d’ailleurs valu le Prix du développement économique local – volet équipe Réseau Accès PME lors de notre congrès 2025. À la lumière de notre discussion, on constate que tu joues un rôle important dans cette dynamique.
Comment valorisestu la certification D. Écau sein de votre organisation ?  

(Gilbert L.) : Je recommande fortement la certification à chaque nouvel employé et je leur remets le guide des formations de l’APDEQ. Pour moi, la formation est essentielle pour offrir les meilleures ressources possibles à nos industriels et gens d’affaires. 

Malheureusement, la certification n’est pas toujours valorisée à sa juste valeur par les directions municipales en matière de rémunération, car ces milieux fonctionnent souvent par acquis d’ancienneté. Il reste du travail à faire à ce niveau. Toutefois, au sein de la communauté des développeurs économiques du Québec, ce titre est très reconnu et permet réellement de se démarquer. 

Merci infiniment pour ce partage de tes expériences ! 

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