Discutons de la gestion des stocks

par Éric Blanchette-Ouellet
Directeur conseil en chaîne d’approvisionnement et logistique

Des tablettes vides, des pénuries et, dans d’autres cas, des stocks trop élevés… Est-ce que la même cause pourrait parfois expliquer ces phénomènes? L’état actuel de la chaîne mondiale d’approvisionnement est la manifestation de plusieurs variables qui, pour certains, auront causé la tempête parfaite. Mais le comportement humain peut amplifier le problème s’il n’est pas reconnu rapidement. L’une des manifestations de ce comportement sera regardée plus en détails ici et lors de la discussion à venir.

Pour comprendre ce comportement, on peut retourner vers la base de la théorie de la gestion des stocks : les stocks coûtent cher. Outre le coût même du stock, il faut penser aux frais d’infrastructure, de chauffage, de manipulation, de gestion, aux pertes, aux vols, etc. C’est pourquoi votre taille ne se trouve plus dans les stocks du magasin que vous visitez. Le propriétaire doit limiter ses acquisitions selon l’espace disponible, son budget d’opération et, bien sûr, son budget d’acquisition. C’est un choix difficile. Il doit, au fond, déterminer le risque acceptable qu’un client ne trouve pas la bonne taille ou la bonne couleur chez lui et aille acheter ailleurs. Autrement dit, il détermine un degré raisonnable de satisfaction de la clientèle, lequel ne saurait être 100% (voir https://c2point0.com/etude-de-cas/optimiser-linventaire-pour-un-leader-canadien-de-vitres-dautos/, par exemple!).

Et encore, on peut bien connaître le besoin pour les prochaines semaines, le délai de livraison du fournisseur, la quantité économique à commander, mais il restera toujours une incertitude. Le propriétaire prévoira une petite quantité de caisses supplémentaires : le stock de sécurité. C’est le stock « au cas où. » Au cas où le fournisseur a un retard. Au cas où on en vend un peu plus que prévu.

C’est un « au cas où » qui est parfois déterminé par une formule précise, parfois intégrée dans une procédure de l’entreprise, parfois décidée par une intuition.

Ce calcul est fait chez le détaillant, mais aussi chez son distributeur, chez l’importateur, chez le manufacturier, chez le fournisseur de matière première, bref, chez chacun des acteurs d’une chaîne d’approvisionnement complète. Ces acteurs agissent tous différemment avec des informations, des pressions, des intentions et des prévisions toutes aussi différentes.

Un impact sur la demande, à la hausse ou à la baisse, peut modifier les intentions à l’égard des futures quantités en stock du détaillant. Par exemple, face à la crainte de manquer de matériel à la suite d’une hausse de la demande, une augmentation des quantités en stock pourrait être envisagée. Cette augmentation pourrait causer, chez le distributeur qui fournit le détaillant, une crainte de manquer de matériel! Ce dernier pourrait décider de stocker davantage de produits finis en provenance de son manufacturier. Et ainsi de suite. Chaque décision est apportée après un certain délai, l’extrémité de la chaîne en retard sur la réalité du premier maillon, et un décalage se produit entre le besoin réel et l’organisation des stocks de plusieurs entreprises. On assiste alors en premier à une pénurie du produit désiré. Mais chaque maillon de la chaîne a déjà passé ses commandes. La production est lancée.

Dès la reprise normale des activités, toute la chaîne d’approvisionnement aura stocké beaucoup trop de matériel, lequel ne trouvera pas preneur. Cette situation impose un fort coût de gestion des stocks supplémentaires et ces derniers devront probablement être vendus à bas prix, l’offre dépassant maintenant largement la demande. C’est l’effet coup de fouet.

Selon certaines études, de petites variations sur la demande peut accroître les quantités commandées jusqu’à 900% dans une chaîne d’approvisionnement comptant quatre maillons! Le comportement humain et l’organisation de la chaîne sont les principaux responsables de ces dérapages.

Que peut faire une entreprise pour faire face à cette soudaine crise? Plusieurs avenues sont possibles, selon les particularités de chaque situation. De la diminution du nombre de maillons dans la chaîne d’approvisionnement jusqu’à l’augmentation de la transparence de chaque transaction en temps réel grâce à l’utilisation de technologies de pointe (le webinaire suivant présente une telle technologie : https://c2point0.com/webinaire/pourquoi-passer-a-la-digitalisation-des-approvisionnements/), notre équipe peut vous accompagner et vous conseiller et réduire ainsi les impacts de l’effet coup de fouet! Certaines avenues sont même d’excellentes approches pour un approvisionnement efficace (voir : https://c2point0.com/blogue/7-elements-pour-survivre-aux-perturbations-de-la-chaine-dapprovisionnement/)!

Nous vous invitons à participer à notre discussion sur le sujet en compagnie de Conseil 2.0 le 6 octobre 2022!

 

 

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