Le 17 avril dernier, le Forum printanier 2026 de l’APDEQ affichait salle comble avec plus de 100 participants réunis à Drummondville. Autour de trois tables de discussion, des experts, des élus, des entrepreneurs et des praticiens du développement économique ont échangé sans détour sur les grands enjeux qui façonnent nos territoires. Voici les idées qui ont marqué la journée.
VOIR LA GALERIE PHOTOS DU FORUM PRINTANIER 2026
Une économie québécoise dans la turbulence… mais debout
Le portrait économique brossé en ouverture était sans fard : la confiance des ménages et des entreprises est à des creux historiques, les perspectives de croissance restent modestes, et les finances publiques exigent des choix difficiles. Le gouvernement du Québec devra composer avec des contraintes budgétaires sévères pour les prochaines années, alors même que les besoins en santé, en infrastructures et en logements ne cessent de croître.
Sur la scène internationale, les turbulences tarifaires venues des États-Unis ont semé l’incertitude, mais la majorité des entreprises québécoises ont tenu le cap. Mieux encore, le Québec commence à attirer un regard renouvelé de la part d’investisseurs européens qui cherchent une alternative stable en Amérique du Nord. Une occasion à saisir, à condition de se préparer sérieusement à diversifier nos marchés.
Ce qui est ressorti avec force : dans ce contexte, les organisations de développement économique ont un rôle de premier plan à jouer. Non pas en ajoutant des couches de complexité, mais en simplifiant la vie des entrepreneurs. Le mot d’ordre : être un allié.
Des territoires qui doivent mieux se connaître pour mieux se déployer
Le deuxième panel a mis en lumière une réalité souvent négligée : beaucoup de territoires ne connaissent pas suffisamment leurs propres forces. Pour bâtir une économie moins vulnérable, il faut ancrer les stratégies de développement dans les atouts réels du milieu, mesurer les résultats, et oser viser plus haut que le simple accompagnement entreprise par entreprise.
La collaboration entre les organismes d’aide aux entrepreneurs a aussi été pointée comme un chantier urgent. Trop de silos, pas assez de partage. La résilience économique d’un territoire se construit collectivement, et cela suppose que les acteurs locaux acceptent de travailler ensemble plutôt que de tirer chacun la couverture de son côté.
Une idée a particulièrement retenu l’attention : l’entrepreneuriat immigrant comme levier de vitalité économique. Les personnes immigrantes affichent un désir d’entreprendre remarquable, et il est temps de mieux reconnaître et mobiliser cet élan au sein de nos écosystèmes régionaux.
L’intelligence artificielle : une invitation à redéfinir notre valeur
Le troisième panel a ouvert une conversation que personne ne peut plus éviter. L’intelligence artificielle transforme les métiers à une vitesse que peu anticipaient, y compris celui de développeur économique. La question n’est plus de savoir si l’IA va changer les façons de faire, mais comment chacun va se positionner face à cette transformation.
Un consensus s’est dégagé : ce ne sont pas les emplois qui disparaissent, mais les personnes qui maîtrisent l’IA qui remplaceront celles qui ne la maîtrisent pas. Cela oblige chaque professionnel à se poser une question fondamentale « où est ma vraie valeur ? » et à cultiver ce qui demeure irremplaçable : le contact humain, l’empathie, le jugement, la créativité, la capacité d’orchestrer
des projets complexes.
L’IA n’est pas une menace en soi. Bien utilisée, elle libère du temps pour ce qui compte vraiment. Mais encore faut-il apprendre à la piloter, à la questionner, à l’orienter vers les bons problèmes.
Un fil conducteur : l’heure des choix
Trois panels, une conviction partagée. Nous traversons une période de transition majeure, économique, territoriale et technologique, et il n’est plus possible de faire comme si les vieilles recettes suffisaient. Le Québec a les ressources, les talents et les institutions pour relever ces défis. Ce qu’il lui faut, c’est davantage de vision collective, de collaboration entre les acteurs, et de courage pour revoir ses façons de faire.
Deux idées concrètes ont notamment retenu l’attention lors du Forum et alimenteront la réflexion du livre blanc de l’APDEQ. D’abord, la création d’un outil commun de suivi entrepreneurial qui permettrait à tous les organismes d’accompagnement d’un territoire de partager l’historique d’un entrepreneur et d’assurer une continuité réelle dans son accompagnement. Ensuite, le développement d’indicateurs de performance qui reflètent mieux la réalité et la valeur du travail accompli quotidiennement par les développeurs économiques sur leurs territoires.
Ces pistes, issues des échanges de la journée, s’inscrivent dans la démarche du livre blanc de l’APDEQ sur le métier de développeur économique, un document qui sera partagé avec l’ensemble des membres et qui contribuera au débat public à l’approche des prochaines élections provinciales.
Restez à l’affût sur l’observatoire de l’APDEQ pour suivre la suite de cette démarche.
Blogues de nos experts
Les panélistes du Forum printanier 2026 ont également partagé leur expertise dans des blogues publiés sur notre site. Nous vous invitons à les consulter :
Jean-François Lalonde, Professeur titulaire en entrepreneuriat, Université de Sherbrooke IA, emplois et modèles d’affaires des organisations : trois configurations croisées que le développement économique ne peut plus ignorer
Pascal Harvey, Président-directeur général, Réseau des SADC et CAE Bâtir une économie moins vulnérable : des territoires qui s’organisent pour durer
Jean-Baptiste Audrerie, Co-Fondateur, Consultant Stratégie Numérique et Transformation RH IA et RH : pourquoi les organisations doivent sortir de l’expérimentation




